mardi, 18 septembre 2012 22:33

Remaniement ministeriel : le Gouvernement en service minimum

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Gouv 2011 Au Niger, hormis le régime d’exception du General Seyni Koutche de 1974 à 1987, l’espérance de vie des gouvernements varie en général de 12 à 18 mois. Rares sont les

équipes gouvernementales qui ont franchi ce cap sans connaître de remaniement technique ou de chambardement intégral. C’est désormais une tradition, à la veille de chaque remaniement, les supputations et autres pronostics, relayés par les medias, annoncent les couleurs. Le premier gouvernement de la 7éme République n’échappe pas à cette logique. Bien avant le départ forcé de Kalla Hankouraou de l’équipement et de son homologue Ouhoumoudou Mahamoudou des Finances du Gouvernement Raffini I, les nigériens s´étaient attendus à un changement significatif de l´exécutif censé traduire dans les faits, les ambitions de la renaissance.

 

Au lendemain de l’historique prestation de serment du Président de la République, beaucoup de bruits ont circulé dans les quatre coins du Niger par rapport à la nomination des membres du gouvernement: Moralité, compétence, civisme etc...Sont les qualités intrinsèques annoncées aux nigériens, comme devant conditionner le choix de l’équipe. Dès la publication de la liste des membres du gouvernement, beaucoup de nos compatriotes ont sursauté. Ils ont été nombreux à crier, « tout ça pour ça! ». Pourtant le Président Issoufou, contrairement aux autres régimes parvenus au pouvoir par une coalition de partis, n´était soumis à aucune pression, aucun chantage. Les partis qui ont soutenu sa candidature l’auraient fait sans règle de partage du pouvoir. Malgré le scepticisme du départ, les nigériens ont accordé à la nouvelle équipe le bénéfice du doute, car comme dirait l’autre, c’est à l’oeuvre qu´on reconnait l’artisan. Malheureusement à l’épreuve des faits, la plupart de nos ministres ont déçu. Ils ont brillé par leur incompétence, leur manque d’incitative notoire. Il est difficile d’ailleurs d’en être autrement, si l’on connait les combines, et autre copinage auxquelles se livrent les partis politiques en vue de la proposition des listes de leurs ministrables. Il suffit simplement d´être un cacique du leader, un béni oui oui, une caisse à résonnance du patron. Même les trois curriculum vitae exigés pour chaque poste ministériel lors de la formation du présent gouvernement n’auraient vraisemblablement servi à rien. Le Niger n’est pas un pays damné, il regorge d’immenses ressources, des hommes et des femmes capables de l’extirper de la pauvreté centenaire qui annihile tous les efforts de développement, mais faudrait- il encore qu’ils aient cette opportunité.

Pendant que l’hypothétique remaniement pointe à l’horizon, la plupart de nos ministres sont pris de panique. La résolution de l’équation pour la conservation de leur fauteuil constitue aujourd´hui leur principale préoccupation. Lobbying auprès de certaines personnalités tant au Niger qu’à l’extérieur, pour intercéder auprès du Président en leur faveur, maraboutage, et autre pratiques occultes, tout y passe pour nos ministres angoissés, et du coup, c’est le pays qui en pâti, puisque dans beaucoup de secteurs l’administration est réduite au service minimum.

Il appartient au Président de la République de parer au plus pressé. Reporter indéfiniment ce remaniement attendu à juste titre par les nigériens, va davantage contribuer à gripper la machine du redressement. Nul ne doute de la volonté effrénée du Président Issoufou de faire du Niger un pays émergent, mais sans une équipe gouvernementale efficace, cette volonté sera irrémédiablement vouée à l´échec.

Issoufou Mahamadou seul comptable devant Dieu et devant les hommes de la gestion du Niger, a tout intérêt à prendre ses responsabilités. Les nigériens lui seront reconnaissants d’insuffler une nouvelle dynamique à l’action gouvernementale en procédant sans tarder à un remaniement. Cela est d’autant plus nécessaire que le pays va mal. A peine sortis de la famine, des centaines de milliers de nigériens traversent en ce moment une période difficile de leur existence consécutivement aux récentes inondations. Pour apporter des réponses structurelles à ces catastrophes et autres souffrances assimilées, le Président se doit de prendre le taureau par les cornes en créant les conditions d’une lutte drastique contre la pauvreté. Une des pistes de solutions pourra être la création d’un portefeuille ministériel chargé de la solidarité et de l’action humanitaire. Boire et manger à sa faim pour chaque nigérien sont des dispositions continues dans notre loi fondamentale. Mais même en dehors des périodes de famine, toutes les grandes villes du Niger sont inondées de mendiants et autres nécessiteux sur toutes les rues, demandant l’aumône aux passants. Ces pratiques, somme toute, contraires à la religion et à la morale, doivent être combattues. Il s´agit là, d´asseoir une stratégie sérieuse pour apprendre aux nigériens de savoir compter sur eux-mêmes. Le slogan «les nigériens nourrissent les nigériens», si cher au chef de l’Etat, restera une vue de l’esprit, tant qu’il n’aura pas été soutenu et accompagné par un élan patriotique de solidarité. L’extrême pauvreté des nigériens et la récurrence des catastrophes naturelles sont des sujets de préoccupation dont la gestion dépasse le cadre de simples comités ponctuels.

 18 septembre 2012
Publié le 15 septembre 2012
Source : Garkuwa

 

Dernière modification le mardi, 18 septembre 2012 22:40

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